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  <title>collectif2004images</title>
  <description><![CDATA[Site d'information culturelle sur Haïti - Editeur et distributeurs de films et documentaires haïtiens]]></description>
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   <title>Premiers instituts d’apprentissage de la tyrannie en Haïti ? in "Jean-Durosier Desrivières vous ouvre ses archives"</title>
   <pubDate>Fri, 03 Feb 2012 16:25:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin C2I</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Haïti dans le monde]]></dc:subject>
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      <em>N° 5&nbsp;: Réflexions de Jean-Durosier Desrivières</em> <br />  &nbsp; <br />   <br />  <strong><u>Note&nbsp;:</u></strong> <em>Article principal N° 2 du supplément mensuel </em>Relire Haïti<em> qui a été publié avec le soutien de </em>France-Antilles<em> de la Martinique&nbsp;; paru pour la première fois en février 2004 sous le titre&nbsp;: «&nbsp;Qui parle d’abus de mémoire en Haïti&nbsp;?&nbsp;» le texte a été revu, modifié, augmenté et actualisé.</em> <br />  &nbsp; <br />  &nbsp; <br />  L’histoire d’Haïti est truffée d’ambiguïtés&nbsp;: le devoir de mémoire serait à la fois pris dans les filets du silence, de l’excès et de la manipulation. <br />  &nbsp; <br />  <strong><em>«&nbsp;Même quand mon ombre est penchée</em></strong> <br />  <strong><em>je garde la tête droite</em></strong> <br />  <h3>  	Il ne faut jamais laisser aux morts</h3>  <strong><em>l’initiative de la lumière</em></strong> <br />  <strong><em>Debout partisans&nbsp;!&nbsp;»</em></strong><strong> (Georges Castera)[<strong>[1]</strong>]url:#_ftn1 </strong> <br />  &nbsp; <br />  Interroger, en Haïti comme ailleurs, la mémoire et les différentes attitudes à afficher vis-à-vis d’elle, c’est aussi poser la question de la connaissance ou de l’ignorance de l’Histoire, de son enseignement et des enjeux idéologiques qui en résultent. Depuis 1847 et 1848, dates de la parution des trois tomes de l’<em>Histoire d’Haïti</em> de Thomas Madiou, comblant une évidente lacune dans le domaine, instruire l’haïtien de son passé est devenu une préoccupation décisive. En effet, plus d’un croit que l’apprentissage de l’histoire est nécessaire dans la construction de l’identité d’un peuple. Sauf qu’ici, l’on perd souvent les véritables sens des faits historiques qui pataugent fréquemment dans des discours forgés ailleurs ou non maîtrisés par les Haïtiens eux-mêmes. Car «&nbsp;l’Occident a courte mémoire, nous apprend Michel-Rolph Trouillot. Et comme il écrit l’histoire, la sienne et celle des autres, l’histoire des peuples est courte. […] Et nous, pauvres colonisés, tissons les fils de notre passé avec des mots piégés d’oubli.&nbsp;»[[2]]url:#_ftn2 Et la question essentielle demeure toujours&nbsp;: quelle histoire enseigne-t-on&nbsp;? <br />  &nbsp; <br />  &nbsp; <br />  <strong>Du devoir à l’abus de mémoire</strong> <br />  Comment parler d’histoire d’Haïti sans évoquer son agencement et les conditions de son élaboration. Rares sont ceux qui ont pensé à consigner les faits tout de suite après 1804, voire les analyser. Certes, le contexte n’a pas donné lieu à ce réflexe, d’autant plus que des experts en la matière n’existaient pas encore sur place. – Les colonisateurs ne tarderont pas à combler le manque. – Néanmoins, un sentiment de devoir de mémoire, quoique ourdi, se manifeste chez les précurseurs de la littérature haïtienne. <br />  La crainte d’un éventuel retour des français, qui étaient loin de renoncer à leur riche colonie, gagnait les cœurs&nbsp;: il fallait maintenir le pays dans l’euphorie de l’indépendance, la méfiance ou la haine de l’étranger blanc. Ainsi, la plume remplacera le fusil. Les premières revues du pays, <em>L’Abeille haytienne</em>, journal politique et littéraire (1817), et <em>L’Observateur</em> (1819), ne donnaient à lire qu’ode, hymne et cantate à la liberté, des récits et des poèmes dithyrambiques d’Antoine Dupré, Juste Chanlate et Jules Solime Milscent, louant les hauts faits d’armes et les fondateurs de la jeune patrie pendant les trois premières décennies de l’indépendance. Cette grande proximité par rapport aux faits de l’histoire immédiate a créé la cécité. Et le devoir de mémoire des pionniers, comme on les appelle usuellement, engagés et passionnés, aboutit à un certain abus de mémoire. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp; <br />  <strong>Entre le passé et le présent</strong> <br />  L’écriture historique – marquée d’exaltation et de parti pris – s’est construite timidement avec les <em>Mémoires pour servir à l’Histoire d’Haïti</em> de Boisrond-Tonnerre[[3]]url:#_ftn3 , secrétaire de Dessalines, et des notes du Baron de Vastey, secrétaire de Christophe. Elle s’enrichira des écrits de Beaubrun Ardouin (1796-1865) et de Thomas Madiou (1814-1884), considéré comme le père des historiens haïtiens. Ce dernier, en misant sur la dimension romantique de l’histoire, cherche à comprendre et à interpréter l’aspect psychologique, politique, raciste et moral du système esclavagiste, selon l’historien Pierre Buteau[[4]]url:#_ftn4 (Voir mon article «&nbsp;Le «&nbsp;Nous&nbsp;» haïtien / Le «&nbsp;Nous&nbsp;» martiniquais&nbsp;?&nbsp;»). Celui-ci affirme, en outre, qu’à partir de 1874, des penseurs et hommes politiques piqués de sociologie et de sciences juridiques écrivent l’histoire d’Haïti en mettant l’accent sur l’identité nationale. <br />  En conséquence, l’on relève dans les écrits de ces derniers – Anténor Firmin, Dantès Bellegarde, Jean-Price Mars, etc. – un encensement prononcé du passé impliquant son effacement, au point que le passé devient le présent d’Haïti. Or, l’on admettra avec l’historien l’idée selon laquelle «&nbsp;on ne peut pas passer sa vie à s’identifier essentiellement par sa naissance&nbsp;». Du passéiste embaumé de nationalisme, l’on tombera dans un présentisme accablant qui s’édifiera dans le messianisme. Le docteur François Duvalier, corrigeant le passé, en opérant une réduction outrancière des luttes politiques qu’il renvoie systématiquement à la question de couleur[[5]]url:#_ftn5 , se présente comme le messie, le «&nbsp;rédempteur noir&nbsp;» et prescrit le présent comme seule préoccupation. Jean-Claude Duvalier (Baby Doc) alimentera ce régime par la doctrine «&nbsp;développementiste&nbsp;», en misant bêtement sur la ville au détriment de la paysannerie, l’un des nœuds du <em>problème haïtien</em>. <br />  &nbsp; <br />  &nbsp; <br />  <strong>Eviter la répétition</strong> <br />  Après le «&nbsp;dechoukaj&nbsp;» de Baby Doc en 1986, de l'agitation immédiate de tous bords émerge <em>Les racines historiques de l’Etat duvaliérien</em> de Michel-Rolph Trouillot. La distance de l’auteur par rapport au pays – plongé, au moment de l’élaboration de ses réflexions, dans de fortes controverses sociopolitiques et toutes formes d’excitations, la distance, dis-je, paraît être l’une des justes explications relatives à la pertinence des analyses de ce livre. Car c’est un anthropologue haïtien qui parle du dehors d’Haïti, depuis l’Université de Chicago, son lieu de <em>migrance</em>&nbsp;: «&nbsp;l’Etat Duvaliérien peut se reproduire avec ou sans un Duvalier dans la mesure où la crise des structures à laquelle le duvaliérisme s’imposa, comme une réponse équivoque et criminelle, n’est pas elle-même résolue&nbsp;». La théorie de l’Etat-Père en Haïti, que l’on n’a pas su éviter, et qui conduit au régime de Jean-Bertrand Aristide, un président illuminé qui s’identifie, sans gêne aucune, à Toussaint Louverture ou Jean-Jacques Dessalines, voire au Père Eternel, témoigne de la clairvoyance de l’anthropologue. Ainsi, la mémoire du passé, manipulée par tout démagogue, acolyte de l’occident, et mal ou non appropriée par les «&nbsp;élites&nbsp;» et par le peuple en vue de mieux s’éclairer, crée un immense désarroi face au présent. <br />  Cette propension à la tyrannie, manifestée au sein de l’Etat haïtien depuis sa fondation – et peut-être au-delà, paraît s’intégrer à la structure psychique de divers «&nbsp;citoyens&nbsp;», au point que l’on arrive à décrypter une réverbération de l’autoritarisme étatique dans de nombreuses familles, de différentes couches sociales, et à travers de grandes institutions. L’Université d’Etat d’Haïti, ce haut lieu de savoir et de réflexion qui devait aider l’individu à s’affranchir et à s’épanouir intellectuellement, par exemple, demeure un vaste champ chaotique où chaque faculté fonctionne selon un mode de gestion qui s’accommode de pratiques purement féodales&nbsp;: les doyens élus deviennent au fil des ans, subtilement et astucieusement, inamovibles, soutenus le plus souvent par de jeunes disciples aux cerveaux désorientés, voire dégénérés – soumis. L’école – telle qu’elle évolue avec ses instituteurs et ses «&nbsp;maîtres&nbsp;» en déficit de formation et de jugement approprié sur l’histoire et la mémoire, leurs pratiques vraies et leurs incidences certaines – et surtout ladite université – d’où sont issus nombre de ces «&nbsp;formateurs&nbsp;» adeptes du prêt-à-penser, constituent donc insidieusement les premiers instituts d’apprentissage du césarisme en Haïti… Dès lors, il paraît moins étrange que même dans le champ de la création littéraire et artistique haïtien également, s’affichent quelques oligarchies dont certaines – aussi éclairées ou bornées soient-elles – font parfois semblant de jouer la carte de l’alternance au verso d’un jeu d’arbitraire maîtrisé. <br />  En Haïti, toute tentative de pensée lucide sur les activités et les pratiques de la mémoire collective semble conduire au trouble, à la confusion, aujourd’hui plus que jamais, malgré l’expression d’une certaine bonne foi de quelques rares intellectuels, interventionnistes opportunistes et sporadiques pour la plupart. Les vieux dictateurs paradent&nbsp;! Les populistes s’égosillent&nbsp;! D’éminentes voix se taisent&nbsp;! Il serait temps d'obvier au plus vite ce constat du poète, consigné en 1998 dans <em>Droits de l’homme. Utopie, Défi, Réalités</em>.&nbsp;: «&nbsp;Liberté et justice dans l’outrance des rendez-vous manqués, les hommes lessivés par des passions fragiles et de peureuses démocraties de pierres à briquet, une tête de chat qui donne dans le Mystique&nbsp;» (Georges Castera fils)[[6]]url:#_ftn6 . Il n’est point défendu à un peuple de s’abreuver de ses mythes et de ses légendes&nbsp;: c’est sans doute sa force en temps de crise aiguë. Il n’est point interdit à un peuple de se réconcilier avec lui-même. Mais quand il se confine démesurément dans des pratiques caduques et factices, quand on le pousse malgré lui à fermer les yeux sur des modes d’injustice qui surpassent l’entendement, quand il se gave de mythes apparemment trop épuisés, des «&nbsp;légendes miaulantes&nbsp;», il risque d’être frappé à l’infini de complexe de panthéon, condamné à se fixer, à se figer, dans des bêtises du passé – «&nbsp;toujours recommencer&nbsp;» – et à se faire berner au quotidien, par sa propre histoire, aussi glorieuse soit-elle. <br />  <div>  	<br clear="all" />  	<hr align="left" size="1" width="33%" />  	[[1]]url:#_ftnref1 Georges Castera fils, «&nbsp;La station debout&nbsp;», <em>Voix de tête</em>, Port-au-Prince, éd. Mémoire, 1996. <br />  	<div id="ftn2">  		[[2]]url:#_ftnref2 Michel-Rolph Trouillot, <em>Les racines historiques de l’Etat duvaliérien</em>, Port-au-Prince, éd. Deschamps, 1986.</div>  	<div id="ftn3">  		[[3]]url:#_ftnref3 Boisrond Tonnerre, <em>Mémoires pour servir à l’Histoire d’Haïti</em>, Port-au-Prince, Les éditions Fardin, 1981.</div>  	<div id="ftn4">  		[[4]]url:#_ftnref4 Pierre Buteau, «&nbsp;Une mémoire en colère&nbsp;». C’est le titre de la communication livrée par l’historien, à l’Atrium de Fort-de-France, le 2 mai 2001, dans le cadre d’un colloque intitulé&nbsp;: «&nbsp;Histoire et mémoire des sociétés post-esclavagistes… ou … La révolte contre l’oubli&nbsp;», organisé par le Comité Devoir de Mémoire Martinique, sous l’égide de <em>Médecins du Monde</em>.</div>  	<div id="ftn5">  		[[5]]url:#_ftnref5 François Duvalier et Lorimer Denis, <em>Le problème des Classes à travers l’Histoire d’Haïti</em>, coll. «&nbsp;Les Griots&nbsp;», 1948.</div>  	<div id="ftn6">  		[[6]]url:#_ftnref6 Georges Castera fils, «&nbsp;Pour constat&nbsp;», in <em>Droits de l’homme. Utopie, Défi, Réalités. Les créateurs haïtiens 1948-1998.</em> Conception-coordination Bernard Hadjadj, représentant de l’UNESCO en Haïti, 1998.</div>  </div>  
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   <title>Jean-Durosier Desrivières vous ouvre ses archives : N° 4 : Entretien avec Marcel Dorigny</title>
   <pubDate>Wed, 01 Feb 2012 16:36:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin C2I</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Haïti dans le monde]]></dc:subject>
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   <![CDATA[
   Haïti : un pays en voie d’américanisation 
  
 Nous avons rencontré le professeur Marcel Dorigny en septembre 2004, à son hôtel, du côté de l’ancienne route de Schoelcher, lors de son passage en Martinique, dans le cadre du colloque : « De Saint-Domingue à l’Italie, Moreau de Saint-Méry ou les ambiguïtés d’un créole des Lumières ». C’était après le départ forcé de Jean-Bertrand Aristide d’Haïti le 29 février 2004 et la publication en mars de la même année de Haïti et la France, Rapport à Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, signé par Régis Debray. L’historien faisait partie du « Comité indépendant de réflexion et de propositions sur les relations franco-haïtiennes ».     <div>
       <br />  <strong>Jean-Durosier Desrivières&nbsp;: Parlez-nous du rôle que vous avez joué dans la commission, dirigée par Régis Debray, qui se penchait sur les relations franco-haïtiennes au mois de janvier de cette année (2004).</strong> <br />   <br />  <strong>Marcel Dorigny&nbsp;: </strong>La commission était composée d’une dizaine de personnes, chacun ayant plus ou moins une spécialité&nbsp;: il y avait des diplomates, des économistes, des financiers, il y avait quelqu’un qui était plutôt anthropologue, Gérard Barthélemy, et puis deux historiens, Myriam Cottias et moi. J’étais l’un des deux historiens de la commission, dans la mesure où l’on ne peut pas faire abstraction de l’Histoire, pour comprendre, expliquer et puis essayer d’améliorer les relations entre la France et Haïti. C’est une relation compliquée, qui ne s’explique, qui ne se comprend – si elle se comprend – que par l’Histoire. L’histoire particulière de la naissance d’Haïti à partir d’une colonie française, de la langue française, de la difficulté que la France a eue, pendant très longtemps, à accepter l’indépendance d’Haïti. Cela a été long. <br />   <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: Connaissez-vous assez bien ou très bien Haïti, au point de pouvoir vous faire une idée exacte de ce qui se passe actuellement dans ce pays&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Je crois pouvoir dire que je connais bien l’histoire de la naissance d’Haïti, l’histoire des origines d’Haïti, le passage de la colonie de Saint-Domingue à l’Etat indépendant d’Haïti. Je connais bien les premières décennies de l’histoire d’Haïti. Quant à dire que je connais bien ou très bien l’Haïti d’aujourd’hui, ce serait aller un peu vite. J’ai eu l’occasion d’y aller à plusieurs reprises, je connais beaucoup d’haïtiens, j’ai très lu tout ce qui se passait ces dernières années sur Haïti depuis la chute de Duvalier. Mais qui peut prétendre connaître vraiment Haïti sans y avoir vécu dans la durée. Et encore&nbsp;! C’est une vie extrêmement compliquée. Chaque membre dans cette commission avait son rôle, et le mien en tant qu’historien, c’était plutôt d’éclairer le passé. Enfin, d’éclairer le présent à la lumière de l’Histoire compliquée. La situation actuelle, évidemment, ne nous est pas pour autant inconnue. <br />  &nbsp; <br />   <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: Dans le Rapport Debray, l’on reproche «&nbsp;un trop de mémoire&nbsp;» à Haïti et «&nbsp;un pas assez&nbsp;» à la France. Laquelle attitude, dans ce cas, vous paraît plus critiquable&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Peut-être les deux. Parce que quand il est dit quelque part dans le Rapport, plusieurs fois, sous des formes différentes, que Haïti a un peu – je ne sais pas si on peut dire le défaut (<em>silence</em>), mais le penchant de vivre sur son passé, de vivre sur son histoire et de revivre un peu en boucle son passé, c’est un blocage. Un blocage, dans la mesure où Haïti se réfère sans arrêt dans la mémoire collective, dans les discours, dans toute la propagande officielle, les manuels scolaires, à ses origines, à l’abolition de l’esclavage, à l’indépendance, etc. Ce pays se vit perpétuellement comme un Etat exceptionnel, un Etat unique. Ce qui est vrai historiquement. Mais il y a un problème évidemment à un moment donné&nbsp;: il faudrait dépasser ce poids du passé et entrer dans le présent, dans la modernité. Et on a l’impression qu’une partie de la population haïtienne ne le fait pas. Voilà pourquoi ça a été dit. Un trop plein de mémoire certes, l’on ressasse sans arrêt un passé glorieux qui empêche peut-être de voir le présent qui est extrêmement difficile. Et un présent qui remonte aux années 50. Ce n’est pas une situation récente, nouvelle. Haïti n’était pas dans une situation aussi difficile dans les années 30, 40&nbsp;; il y a eu une dégradation depuis une quarantaine d’années au moins. Quant à la France, il y a un oubli de mémoire, mais c’est un oubli pour Haïti. Parce que la France, elle aussi, elle a parfois un excès de mémoire. Puisque la France, c’est un pays où l’on n’arrête pas de commémorer. C’est le pays des commémorations à répétition&nbsp;: on fête les anniversaires, les centenaires, les bicentenaires, des grands hommes, des grands événements, des révolutions, des guerres perdues, des guerres gagnées, etc. Et l’on met de côté ce qui dérange. Par rapport à Haïti, il y a un oubli collectif qui fait que aujourd’hui vous demandez dans la rue, au hasard comme ça en France&nbsp;: «&nbsp;Haïti, c’est quoi&nbsp;?&nbsp;» très peu de gens sauront vous répondre quelque chose d’intelligible, de précis, quand ils ne confondront pas avec Tahiti. <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: Votre opinion sur l’actualité politique haïtienne, depuis le départ forcé d’Aristide&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Tant que nous soyons informés – ce qui n’est pas toujours facile. Je ne suis pas retourné en Haïti depuis cette époque-là [février-septembre 2004]. On suit l’actualité à travers les médias français, à travers les journaux, l’on reçoit des informations évidemment par internet. J’ai l’impression, depuis le renversement du président Aristide dans des conditions que l’on peut discuter, la situation s’est améliorée&nbsp;: il y a eu un rapport de la commission de l’ONU et des Droits de l’Homme qui a été positif. Le rapport a montré que les grands problèmes avaient, en partie, disparus&nbsp;: liberté d’expression, violences policières et politiques de toutes sortes&nbsp;; mais que les problèmes du passé n’avaient pas été élucidés. On n’a toujours pas réglé les problèmes des assassinats qui ont eu lieu&nbsp;: cela reste en suspens. La police est en cours de rénovation. Quant au plan politique lui-même, l’impression que j’ai, c’est que l’aide internationale qui a été promise arrive très, très lentement&nbsp;; que le gouvernement actuel a des projets mais il n’a pas beaucoup de moyens&nbsp;; que, à l’arrière plan, il y a une menace toujours de violence dans la rue, dans la mesure où les bandes armées n’ont pas été désarmées. Ce qu’on appelle les «&nbsp;chimères&nbsp;», ils n’ont pas été désarmés&nbsp;: personne n’est allée chercher leurs armes, et ce sont des armes lourdes parfois. Et on l’a vu récemment avec l’incident concernant le ministre français – à mon avis, c’était une grande maladresse de sa part, peut-être. Mais c’est le reflet aussi d’une situation réelle&nbsp;: dans certains quartiers de Port-au-Prince, une partie de la population est armée. Donc je ne sais pas ce que vont donner les élections l’année prochaine, puisqu’elles vont avoir lieu. Dans quelles conditions&nbsp;? je ne sais pas encore. Mais la situation reste, à mon avis, très dangereuse. <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: Pensez-vous que Aristide était un véritable obstacle à l’établissement de la démocratie, d’un Etat de droit en Haïti&nbsp;? Les puissances étrangères, particulièrement la France et les USA, qui ont beaucoup d’influence sur la politique haïtienne, ne pouvaient-elles pas avec l’aide de l’opposition neutraliser son pouvoir&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Moi, je suis observateur, je n’ai pas d’informations secrètes. Loin delà&nbsp;! Mais ce que j’ai pu observer, c’est que les Etats-Unis et la France, au moins la France, à Paris – l’ambassade de France à Port-au-Prince, c’est peut-être différent, mais la France a joué la carte Aristide jusqu’au bout. C’était clair que l’on ne voulait pas renverser Aristide par peur du vide. L’idée, c’est qu’il n’y avait pas d’alternative, il n’y avait pas un chef politique incontesté, un leader incontesté de l’opposition. Il y avait la Convergence démocratique, il y avait le groupe des 184, mais aucun professionnel de la politique n’émergeait. Jusqu’au bout il y a eu des tentatives d’imposer en quelques sortes un compromis. Puisque l’Eglise avait servi d’intermédiaire entre les diplomaties étrangères et le président Aristide pour poser des conditions. D’après ce que l’on a pu voir, Aristide avait – Etait-ce une apparence ou une réalité&nbsp;? On ne le saura jamais&nbsp;! – accepté les propositions qui ont été faites par les négociateurs internationaux. L’opposition – les oppositions faudrait-il dire – a tout refusé. L’opposition a considéré que toute discussion avec Aristide était impossible. Et que s’il y avait un compromis avec un nouveau gouvernement, tant que le président serait là, compte tenu de la constitution et des pratiques haïtiennes, où c’est le président qui décide de tout, c’était impossible. Il y a eu un refus catégorique de l’opposition qui a considéré qu’elle ne pourrait accéder au pouvoir qu’une fois Aristide parti. Je crois que là, compte tenu de la montée de la violence, de la conquête intérieure du pays par les troupes armées venues du nord, de Saint-Domingue, avec peut-être l’appui des services américains, c’est ce qu’on dit, la chute d’Aristide était inscrite dans l’histoire immédiate, très, très rapide. Fallait-il le pousser dehors, comme ça a été fait par l’intervention étrangère, ou le laisser se faire tuer dans son palais, aujourd’hui on ne sait rien. Je ne sais pas ce qui serait passé s’il n’avait pas été expulsé au petit matin et mis dans un avion, semble-t-il de force, bien qu’il ait signé sa démission sous la pression des ambassadeurs&nbsp;; serait-il encore vivant aujourd’hui, je ne le crois pas. Je crois que l’opposition armée voulait sa peau, malgré toutes les proclamations contraires qui avaient été faites. Après tout, est-ce qu’il fallait le sauver malgré lui&nbsp;: je n’ai pas d’avis. <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: Avez-vous le sentiment qu’on est, en Haïti, sur la voie d’une sortie de crise&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Sur la voie, oui. A quelle distance de la sortie, c’est difficile à dire. Le départ d’Aristide et l’arrivée tout de même de forces internationales, qui maintenant ne sont plus occidentales – occidental au sens un peu ancien du mot – puisque maintenant, ce sont des brésiliens, des chiliens, des canadiens qui sont restés. Les américains et les français sont partis&nbsp;; sauf quelques troupes symboliques, pour protéger les ambassades, mais le gros des troupes est reparti. Le relais a été pris par d’autres pays. Il semble, pour la première fois d’ailleurs, que le Brésil, le chili s’intéressent aux affaires haïtiennes, c’est nouveau. Il semble qu’il y a un semblant de retour à l’ordre. <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: La question est de savoir qui continue à tirer réellement les ficelles&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Qui tire les ficelles&nbsp;? je ne sais pas. Mais les Américains ont toujours un regard sur Haïti. Pas tellement parce que Haïti les intéresse en tant que tel. Je crois que ça ne les intéresse guère. Mais ils ont peur de troubles graves en Haïti qui jetteraient sur les côtes de Floride des milliers de réfugiés dont ils ne veulent pas, parce qu’il y en a déjà beaucoup. Quant à la France, elle n’a probablement pas beaucoup de moyens d’agir dans ce pays, face aux Américains qui considère que c’est une chasse gardée. C’est peut-être vrai de dire que la France, au titre de son passé – des relations historiques entre les deux pays, des liens culturels qui sont très forts, puisque les haïtiens sont francophones, des artistes haïtiens, des écrivains, des cinéastes, etc. vivent en France, s’expriment en français, diffusent leurs œuvres en France, plus qu’ailleurs&nbsp;! sauf les peintres qui sont très présents aux Etats-Unis – la France a envie certainement de jouer un rôle qu’elle a joué dans les années 50 en Haïti, au plan culturel, intellectuel. Ce rôle a beaucoup reculé aujourd’hui. Haïti est un pays, peut-être, en voie d’américanisation. <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: La France, se soucie-t-elle réellement du destin d’Haïti&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Ça dépend de qui en France. Le gouvernement français, le pouvoir politique actuel, en France, a été – de façon très surprenante d’ailleurs – très sensibilisé à l’affaire Aristide, enfin à la situation en Haïti, dans les deux dernières années… Le président de la République lui-même – j’ignorais sa connaissance d’Haïti&nbsp;: je crois qu’il n’en avait pas, il l’a découverte un peu sur le tard… <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: C’est ponctuel tout cela…</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Dans la durée, il y a évidemment, au niveau le plus haut de l’Etat en France, des gens qui sont un peu conscients quand même, qui ont un intérêt à un Etat francophone de cette importance en Amérique qui est en train de sombrer. Et personne ne voudrait voir cette société se dégrader encore plus, cette misère effrayante s’accélérer encore. De ce point de vue là, oui. Pour le reste, la grande politique avec un grand «&nbsp;G&nbsp;» et un grand «&nbsp;P&nbsp;», Haïti est depuis 1915 dans la sphère américaine. La France gère les Antilles (Martinique, Guadeloupe) et a un petit peu laissé Haïti… <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: D’après vous, les propositions du Rapport Debray, sont-elles suffisantes&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Certainement pas. On peut toujours proposer plus. Mais si ces propositions-là, au moins trois quarts d’entre elles, étaient réalisées, entraient dans les faits, il y aurait de gros, gros progrès dans les relations franco-haïtiennes et il y aurait une amélioration aux problèmes de la situation en Haïti. Puisqu’il y a des projets via l’union européenne pour le réseau routier, pour l’électricité, pour l’éducation bien entendu. La France est plutôt très expérimentée dans ce domaine, mais ça n’a pas toujours fonctionné. Il y a le projet de reconstruction de l’Institut Français qui a été un lieu de toute première importance pour la culture haïtienne et franco-haïtienne. Il y a le problème de la dette, mais je crois que l’affaire de la dette est réglée, je crois que la dette a été effacée, si je suis bien informé récemment. Puisque l’union européenne reprend ses financements en faveur d’Haïti. Ce qui avait suspendu, en raison du retard des paiements depuis très longtemps, environ cinq ou six ans. Je crois que cet aspect-là est en train de se régler. Pour le reste, c’est très lent. Les propositions sont-elles suffisantes&nbsp;? On peut toujours en ajouter d’autres. Mais appliquons déjà celles-là, dans les cinq ans, dans les dix ans à venir. Ce serait déjà bien. <br />  &nbsp; <br />  <strong>J.D.D.&nbsp;: Vos vœux pour ce pays qui, paraît-il, vous tient à cœur&nbsp;?</strong> <br />   <br />  <strong>M. D.&nbsp;:</strong> Je souhaiterais qu’Haïti connaisse une stabilité politique, sociale&nbsp;; que l’économie démarre, on ne peut pas dire redémarre, parce que, a-t-elle déjà démarré&nbsp;? Qu’il y ait des emplois, qu’il y ait du travail, que l’agriculture sorte de cette stagnation qui fait qu’aujourd’hui Haïti n’est pas autosuffisant sur le plan alimentaire. C’est une contradiction invraisemblable, puisque il y a une richesse agricole potentielle en Haïti. Mais le système agraire actuel correspond à ce qui était, en gros, la situation des années 1920 ou d’avant la Guerre de 14, pour une population qui était sans commune mesure avec aujourd’hui. Aujourd’hui, il y a huit millions d’habitants en Haïti&nbsp;: deux millions à Port-au-Prince. Comment nourrir cette population avec le système agraire qui existe&nbsp;? <br />  <div>  	<br clear="all" />  	<hr align="left" size="1" width="33%" />  	<div id="ftn1">  		[1] Régis Debray, <em>Haïti et la France, Rapport à Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères</em>, Paris, La Table Ronde, 2004.</div>  </div>  
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   <title>Samedi 28 janvier à 19h30 > Lectures avec Guy Régis Jr et Jean-Durosier Desrivières, Anis Gras, Arcueil</title>
   <pubDate>Fri, 13 Jan 2012 11:04:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin C2I</dc:creator>
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      Rencontre et déambulation avec les deux auteurs le temps d'une soirée au cours de laquelle ils partageront leur écriture, leur langue. Organisé&nbsp; dans le cadre de la programmation "Au fil de l'écriture" janvier - mai 2012, en partenariat avec le <em>Réseau Culture Haïti</em>. <a class="link" href="http://www.collectif2004images.org/agenda/Lectures-avec-Guy-Regis-Jr-et-Jean-Durosier-Desrivieres_ae156837.html" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;">Lire la suite...</a> 
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   <title>Nouvelle parution > "le défi haïtien, Economie, dynamique sociopolitique et migration" sous la direction de Carlo A. Célius, l(Harmatta, Paris.</title>
   <pubDate>Fri, 13 Jan 2012 08:22:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin C2I</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Haïti dans le monde]]></dc:subject>
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      1986-2011 – de la chute de Jean-Claude Duvalier à aujourd’hui –, 25 ans qu’Haïti tente de bâtir une société moderne et démocratique. Le défi est énorme tant le pays concentre de problèmes. On peut parler d’échec généralisé, celui de la classe politique traditionnelle comme celui de tous les partis politiques alors que, précisément, le phénomène majeur de ces vingt dernières années est l’irruption des masses paysannes et urbaines sur la scène politique. <br />  Les questions soulevées par une telle situation sont innombrables et les réponses apportées par cet ouvrage ne peuvent être que partielles. Les neuf contributions qui le composent explorent chacune un thème spécifique, de l’économie à la diaspora en passant par le rôle des élites, l’espace public, le leadership, l’application du droit, la réforme agraire, et la multiplication des bidonvilles. Il ressort de ces articles que la situation du pays résulte d’une série de dynamiques dysfonctionnelles internes. Sans nier le poids des grandes puissances et des institutions internationales, ce livre met l’accent sur la responsabilité des acteurs nationaux dans le démantèlement de l’État et la déstructuration de la nation. <br />  S’il fait une critique globale et pertinente de la société haïtienne, l’intérêt de cet ouvrage c’est aussi qu’il offre des éléments pour comprendre les obstacles qui se dressent face à l’édification d’une nouvelle Haïti et indique une voie mettant les acteurs haïtiens euxmêmes au coeur de la reconstruction de leur nation. <br />   <br />   <br />  Carlo A. Célius, historien et historien de l’art, est chercheur affilié au CIRESC (EHESS-CNRS, Paris). <br />   <br />  Textes de Robert Fatton Jr, Carlo A. Célius, Waner Cadet, Fritz Dorvilier, Gloria Bigot-Legros, Louis Naud Pierre, Marc Maesschalck, Michaël Lévy, Jean Goulet, Cédric Audebert, Maud Laëthier. <br />   <br />  Préface <br />   <br />  Introduction <br />   <br />  Chapitre 1.-La pauvreté n’est pas une fatalité <br />   <br />  Chapitre 2.-La fragilité sociétale d’Haïti : Esquisse d’un bilan et d’une prospective élitaires <br />   <br />  Chapitre 3.-Le défi haïtien: la constitution d’un « espace public » <br />   <br />  Chapitre 4.-Haïti, le droit à l’épreuve des logiques d’acteurs <br />   <br />  Chapitre 5.-Société civile et transformations du leadership politique. Les conditions d’une reconstruction&nbsp; sociale <br />   <br />  Chapitre 6.-Une réforme agraire torpillée par la crise politique : 1996-2004 <br />   <br />  Chapitre 7.-Le défi urbain en Haïti <br />   <br />  Chapitre 8.-La diaspora haïtienne : Vers l’émergence d’un territoire de la dispersion ? <br />   <br />  Chapitre 9.-Intimité nationale et appartenance culturelle. L’exemple des associations haïtiennes en &nbsp; <br />  Guyane <br />   <br />  Liste des auteurs <br />   <br />  Remerciements <br />   <br />   <br />  <strong>LE DÉFI HAÏTIEN</strong> <br />  <strong>Economie, dynamique sociopolitique et migration</strong> <br />  Sous la direction de <br />  Carlo A. Célius <br />  Horizons Amérique Latine - l'Harmattan <br />  ISBN : 978-2-296-56868-6 • janvier 2012 • 248 pages Prix éditeur : 25,5 €
     </div>
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   <link>http://www.collectif2004images.org/Nouvelle-parution-le-defi-haitien-Economie-dynamique-sociopolitique-et-migration-sous-la-direction-de-Carlo-A-Celius_a743.html</link>
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   <title>MAnifestation >  "Après le séisme, Haïti s’invite à Lyon et en Rhône-Alpes ", Ecole normale supérieure de Lyon  France.</title>
   <pubDate>Wed, 11 Jan 2012 23:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Admin C2I</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Haïti dans le monde]]></dc:subject>
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        <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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      Ce programme d’événements culturels organisé par le<strong> Réseau Rhône Alpes pour Haïti </strong>réunira des conférenciers, écrivains et des projections de films autour d'une exposition d'envergure "Haïti, 500 ans d'histoire". <br />   <br />   <br />  L'Ecole normale supérieure de Lyon accueille Du 9 janvier au 24 février 2012 <br />  "HAITI, 5OO ans d’histoire" <br />  Du lundi au vendredi 9 heures – 17 heures <br />  Entrée libre <br />   <br />  <u>Pour connaître le programme complet, télécharger la pièce jointe.</u>
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