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Haïti dans le monde

Projet : Paris/Berlin/Haïti > À bientôt, au paradis ! La dernière nuit d’Heinrich von Kleist et Henriette Vogel par Pauline Vermeren



Le 6 septembre 2011, l’institut français de Berlin a accueilli la production musicale franco-allemande basée sur le récit de Tanja Langer « Wir sehn uns wieder in der Ewigkeit ! » (À bientôt, au paradis !).

Tout en s’adaptant à l’espace scénique que leur proposent les institutions partenaires, les acteurs s’attachent à respecter l’interprétation berlinoise d’une scénographie minimaliste. La performance relate la dernière nuit de l’écrivain romantique allemand Heinrich von Kleist et de sa compagne Henriette Vogel, voyageant de Berlin à Wannsee avant de se donner la mort le 21 novembre 1811. Composé par Rainer Rubert, « L’opéra de Kleist » qui accompagne ce projet permet de faire (re)découvrir au public l’« expérience de Saint Domingue » de Kleist et la figure du peintre haïtien Emile Liberté qu’il dresse comme un témoin du sort des Haïtiens.

Alors que Napoléon Ier progressait en Allemagne, Kleist est soupçonné d’espionner les Français et fut prisonnier au Fort de Joux, situé à la frontière franco-suisse dans le Jura, du 5 mars au 9 avril 1807. Il séjourna dans une cellule proche de celle où fut incarcéré jusqu’à sa mort, du 23 août 1802 au 7 avril 1803, Toussaint Louverture, figure emblématique de la révolution haïtienne augurant l’Indépendance d’Haïti en 1804. Jean et Zamor Kina, père et fils, qui luttèrent pour l'indépendance de Saint-Domingue et de la Martinique, et les généraux mulâtres André Rigaud et Martial Besse connurent aussi la prison du Fort de Joux. On raconte que l’esprit de Toussaint Louverture aurait inspiré Kleist pour sa nouvelle Die Verlobung in St. Domingo (Fiançailles à Saint-Domingue) : alors que les révoltes des esclaves plonge l’île dans une atmosphère de massacres, Kleist dépeint un amour traître et tragique d’un officier « blanc » suisse en fuite et d’une jeune métisse haïtienne.

En nous accompagnant dans ce voyage funeste, « Madame Ôrélie » nous invite à (re)considérer les relations encore peu étudiées entre Haïti et l’Allemagne, ce qui nous donnera l’occasion de (re)lire les ouvrages d’Anna Seghers, Heiner Müller, Hubert Fichte et Hans-Christoph Buch.
 
La prochaine représentation aura lieu à la Maison Heinrich Heine à Paris, les 8 et 9 novembre 2011 à 20h30.
http://www.tanjalanger.de/Orelie2.htm
 
 
 
 
 
 
© Pauline Vermeren

Vendredi 9 Septembre 2011
Pauline Vermeren
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Catalogue des films

Haïti est une terre plurielle et singulière. Son histoire et sa richesse culturelle sont des sources inépuisables d’inspiration pour les créateurs du dedans et ceux du dehors.


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