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En Haïti

Les 107 ans du cinéma haïtien !

par Marie Ludie Monfort

Pour marquer les 107 ans de la première projection commerciale cinématographique réalisée par une équipe envoyée par les frères Lumière en Haïti à l’auditorium du Collège Saint Martial, le 14 décembre 1899, un grand débat sur le cinéma haïtien a eu lieu à l’auditorium de Caraïbes FM, ce jeudi 14 décembre 2006, à l’initiative de Haendel Dorfeuille.



Cette émission-débat, diffusée en direct sur les ondes de Caraïbes FM, a réuni les cinéastes tels : Raphaël Stines, Jean-Claude Bourjoly, Richard Sénécal et Reginald Lubin. Ces derniers ont parlé de leurs expériences personnelles dans le cinéma, les grands moments du cinéma haïtien, ses grandes difficultés et son avenir.

Le premier intervenant, Raphaël Stines, nommé pionnier du cinéma haïtien, a raconté surtout ce qui l’a motivé à doter Haïti de son premier film de fiction. Selon Raphaël Stines, après ses longues expériences dans les films documentaires aux Etats-Unis, c’est à Colombia Picture qu’il apprenait vraiment ce qu’est le cinéma. Ainsi, s’est-t-il décidé de revenir en Haïti pour réaliser son rêve : produire le premier film haïtien. Tâche admet-t-il très difficile! N’était ce ses nombreuses expériences dans le domaine cinématographique et ses contacts, ce rêve ne serait pas concrétisé. Car, les équipements nécessaires à la réalisation d’un film coûtaient extrêmement cher à l’époque.

En collaboration avec son bon ami, Yves Médard dit Rassoul Labuchin, Stines a pu réaliser le premier film haïtien de fiction : « M ap pale nèt », une adaptation haïtienne du « Bel indifférent de Jean Cocteau ». Ce film, projeté sur grand écran en septembre 1976, a eu un grand succès en Haïti et a été même au festival de la francophonie en France. Ainsi, Stines a ouvert la voie à d’autres réalisateurs comme Rassoul Labuchin qui a réalisé Anita et Bob Lemoine qui a produit Olivia.

Le deuxième panéliste, Richard Sénécal, s’est plutôt penché sur la révolution technologique qu’a apportée la vidéo dans le cinéma haïtien.

« Raynald Délerme dit Baba a été le premier à réaliser le premier long métrage de fiction sur vidéo avec Funérailles. Ce qu’on a appelé Révolution Délerme. Le passage de la pellicule à la vidéo constitue un grand tournant dans l’histoire du cinéma haïtien. Car cela a offert une nouvelle opportunité économique pour le cinéma haïtien. Avant la projection des films, réalisés sur pellicule, coûtait relativement cher. Ce qui limitait la production cinématographique. Ainsi, avant 1980, le cinéma haïtien était un produit culturel d’élite. Mais, après 1980, il est devenu un produit de consommation populaire. Grâce à la vidéo, la liste des réalisateurs haïtiens va s’allonger avec les noms tels que Jean-Gardy Bien-Aimé, Frédéric Surpris, Morat Junior Etienne et j’en passe… Certes, en dépit des considérations faites sur la qualité des films réalisés sur pellicule et ceux réalisés sur vidéo, il est évident que la vidéo a permis une augmentation de la production cinématographique en Haïti. De deux films par année, on est passé, aujourd’hui, à une dizaine de film par année. », a fait remarquer Sénécal.

Reginald Lubin qui a passé de la médecine au septième art a, pour sa part, révélé à l’assistance les raisons qui l’ont motivées à s’initier dans le cinéma qui vient de son besoin de sensibiliser la population sur les maladies sexuellement transmissibles.

« J’étais médecin au Centre de Développement et de Santé (CDS). J’étais directeur d’un projet de lutte contre les Maladies Sexuellement Transmissible. Je voulais réaliser un film de sensibilisation pour les jeunes. Ainsi, j’ai réalisé Pouki se Mwen , un film de sensibilisation sur le sida. Alors, j’ai pu remarquer que le cinéma représentait un bon medium de sensibilisation sur des problématiques assez intéressantes. J’y ai pris goût et j’ai réalisé mon second film : La peur d’aimer pour sensibiliser les jeunes sur la grossesse précoce. », a raconté Reginald Lubin qui est aussi acteur et scénariste.

Selon Lubin, La peur d’aimer représente une cassure pour le cinéma haïtien, considérant son originalité.

« Ce film a jeu d’acteur extraordinaire et a eu un grand succès en Haïti, vue l’affluence constatée dans les salles de cinéma, il y a six ans. Et le film est maintenant commercialisé à l’étranger. », s’est réjoui M. Lubin.


Jean Claude Boujoly, quant à lui, a présenté son film artistique Sonson, sa toute première production. Il en a profité également pour rendre un hommage public à Raphaël Stines qui l’a initié dans le cinéma. « Sans son aide, je serais pas réalisateur, aujourd’hui. Avant, j’étais qu’un simple acteur dans Kraze lanfè. », a confié M. Bourjoly.

Il a aussi fait remarquer depuis la sortie de son film Sonson, beaucoup de choses ont changé dans le cinéma en Haïti : il y a une volonté de la part des réalisateurs d’offrir un meilleur produit aux cinéphiles et la production cinématographique a considérablement augmenté et le public manifeste de plus en plus un engouement pour le cinéma haïtien.

Cependant, M. Bourjoly a dit déplorer le triste phénomène de piratage des films haïtiens. Ce qui représente, d’ après lui, un coup dur pour les cinéastes haïtiens en terme de rentabilité.

Après ces différentes interventions, les participants ont pu faire part de leur inquiétude à ces professionnels du septième art. Ainsi de nombreuses questions ont été adressées aux panélistes, à savoir : comment peut-on définir le cinéma haïtien ? Le cinéma haïtien face au cinéma caribéen ? Pourquoi il n’existe pas d’école de cinéma en Haïti ? Comment pourrait-t-on améliorer la qualité du cinéma haïtien ? Pourquoi il y a peu de salle de cinéma ? Que faire face au piratage ?... D’autres questions d’ordre technique ont été aussi débattues telles : le problème de synchronisation dans certains films, le doublage, les effets spéciaux, etc.

Pour clôturer cette conférence-débat qui a duré plus de deux heures, l’Association des Cinéastes Haïtiens ont profité pour annoncer au public qu’ un concours de court métrage autour du thème la violence faite aux femmes est lancé ce mois de décembre. Ce concours s’adresse aux professionnels et amateurs de cinéma. La période limite pour la rémission des films est prévu pour mi-février.

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Mardi 19 Décembre 2006
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