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Haïti dans le monde

Haïti : Des romanciers partagent la joie de Dany Laferrière

Le grand écrivain haïtien Dany Laferrière remporte le prix Médicis 2009 pour son roman L’énigme du retour. Dany Laferrière se trouvait tôt dans la matinée, le vendredi 4 novembre 2009 en face de l’Odéon à Paris. Il se préparait à recevoir le prestigieux prix Médicis. C’est un homme joyeux qui a accueilli ce prix pour un livre considéré, après Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain, comme le grand roman de la tragédie haïtienne. Dany Laferrière dédie ce prix « aux jeunes écrivains du Québec et d’Haïti qui doivent pouvoir exprimer librement tout ce qu’ils ont sur le coeur ». Par ce prix, le Médicis consacre trente années de littérature et un rare courage littéraire. Le roman L’énigme du retour est en lice en France pour six grands prix. Il y a une semaine, Dany Laferrière s’est vu attribuer le grand Prix international Metropolis Bleu pour l’ensemble de son oeuvre.



Quelques unes des réactions d’écrivains d’ici et d’ailleurs

Gary Victor

Dany a été toujours pour moi une brèche fascinante dans la muraille d’une littérature haïtienne quelque part trop sérieuse, trop coincée, sans humour, empêtrée parfois dans des attitudes politiques fausses. Dany a été mon écrivain modèle. Ce prix est la victoire d’une nouvelle approche de la littérature en Haïti. J’applaudis la réussite de cet homme et de cette oeuvre qui grandissent Haïti et sa littérature. En tant qu’écrivain, ce prix est aussi à moi. Il y a tellement de jeunes Haïtiens qui sont en quête d’un vrai modèle de réussite et de combat... Dany a offert à tous ces jeunes ce cadeau. Bravo ! Dany.

Emmelie Prophète-Milcé

L’Enigme du retour de Dany Laferrière qui vient d’obtenir le prix Médicis en France et le prix Métropolis Bleu à Montréal est un livre fondateur dans la littérature haïtienne et francophone. Audacieux, généreux, original, réussissant un mélange extraordinaire des genres, l’Enigme du retour est un bonheur.

Je félicite Dany et le remercie infiniment pour ce cadeau à Haïti, pour cette nouvelle porte qu’il ouvre, aux jeunes auteurs particulièrement auxquels il dédie le prix Médicis.

Pierre Clitandre

J’ai suivi l’itinéraire de Dany depuis la fin des années soixante-dix. On peut tirer la conclusion qu’on peut sortir des fatalités de l’existence par le sublime de l’art. Voilà un homme traumatisé par la vie d’un père qui s’est enfermé dans la solitude et la folie. Il a attendu son mûrissement littéraire et la vertu de l’âge pour en parler. La plupart des autres textes de l’écrivain étaient marqués par la présence omnipotente et protectrice de sa grand-mère. Je crois qu’elle a aidé l’exilé, s’il accepte ce mot, à vaincre les dérives des tragédies de la terre haïtienne. En décidant de percer l’énigme du père, l’écrivain tente de connaître la vérité. Du principe maternel au principe paternel, Dany Laferrière a fait le pas vers la maîtrise du feu qui est l’élément des civilisations occidentales. Ce prix, c’est aussi la reconnaissance que le Caribéen peut aussi arriver à cette maîtrise non pas pour coloniser la nature et les hommes, mais pour s’harmoniser avec. Que la flamme nous éclaire !

Edwidge Danticat

Ce Médicis à Dany Laferrière, c’est un prix bien mérité. Je suis tellement contente et tellement fière de Dany, comme toujours, d’ailleurs.

Rodney Saint-Éloi

Dany Laferrière est mon ami et mon frère. C’est aussi un grand écrivain que je lis depuis ces vingt dernières années. Ce prix Médicis est à tous les Haïtiens. Je pense à toute cette jeunesse haïtienne abandonnée qui trouve dans ce prix sa dignité et la force de « regarder demain ». Dany Laferrière, sans complexe, sans haine et sans arrogance, m’a offert les clefs du monde par son amitié. Il m’a appris que je pouvais être Haïtien tout en habitant le monde. Lui qui ne ferme jamais les portes au nez des jeunes et de ceux qui tentent d’avancer, lui qui évite le ressentiment facile, lui qui fait de la générosité, de l’humour et du dandysme, une manière de vivre. Dany Laferrière est notre héro à nous tous.

Frantz Benjamin

Pour nous de la communauté haïtienne de Montréal, c’est une grande source de fierté, Dany Laferrière est un fils chéri de cette communauté. C’est un moment de grande réjouissance. Dany c’est nous. C’est nous à travers l’exil. C’est nous à travers la mémoire. C’est nous par rapport aux rêves que nous portons et chérissons pour notre ville d’adoption et pour Haïti.

Stanley Péan

Évidemment j’en suis enchanté, aussi enchanté que lors de l’attribution du Renaudot à Depestre il y a une vingtaine d’années. D’abord parce que Laferrière est un ami, mais aussi parce que ce livre est l’un de ses meilleurs, la démonstration par a+b qu’il n’est pas aussi fatigué qu’il l’a un jour prétendu, que son oeuvre n’a pas cessé de se raffiner au fil des années. À Pivot en 1999, Dany ironisait que la littérature québécoise serait la première à obtenir éventuellement le Nobel pour l’ensemble de ses écrivains et que ceux-ci devraient aller chercher le prix tous ensemble. Aujourd’hui, le Médicis honore celui dont l’humour éclipse par moments les dons littéraires, mais uniquement aux yeux des myopes... Et, à défaut d’aller chercher avec lui son prix, tous ses collègues québécois, haïtiens et même japonais l’applaudissent et le félicitent pour cet honneur bien mérité.

James Noël

« L’effet Laferrière » dans la littérature aujourd’hui, c’est le séisme positif qui traverse l’oeuvre tout entière. Après avoir lu L’énigme du retour qui s’impose maintenant comme notre médaille d’or nationale, je ne pouvais me souscrire à l’idée que ce livre est l’expression d’un grand rire entre deux larmes, un chef-d’oeuvre. Nous Haïtiens, nous ne pouvons que nous réjouir de la bonne nouvelle du grand prix Médicis accordé à l’écrivain haïtien le plus médiatisé, Dany Laferrière, un nom à porter par ces jours sombres comme un soleil à la boutonnière.

Louis-Philippe Dalembert

Je ne ferais que répéter les critiques en disant que L’Enigme du retour est le grand roman de la maturité de Dany Laferrière. Il me l’avait envoyé à sa sortie avec une très belle dédicace : « Pour mon frère Louis-Philippe Dalembert, ce petit poème qui lui rappellera deux ou trois émotions. » En fait, le livre m’en a rappelé beaucoup plus. Le jour même, je m’étais plongé avec un plaisir continu dans cette écriture fluide. On y découvre un Laferrière drôle comme à son habitude, mais aussi pudique et moins distant par rapport aux dysfonctionnements de la société haïtienne qu’il décrit avec une ironie féroce.

Ce prix vient couronner vingt-quatre années de publication, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer est paru en 1985. Je ne dis pas de « travail », on sait que le travail de création précède la publication. Si on compte les années où le jeune homme efflanqué faisait ses gammes dans les colonnes du Petit Samedi Soir, on n’est pas loin des quatre décennies de travail acharné. Car, sous ses dehors blagueurs, l’homme est un bourreau de travail. L’une de ses qualités consiste à laisser à celui qui l’écoute l’impression d’improviser en permanence, alors que tout est préparé en amont.

Il m’avait déjà envoyé un mail ce matin pour me demander de me tenir prêt, au cas où, à aller faire la fête. Je lui avais répondu en blaguant avoir déjà jeté de l’eau, que ce soir, les lwa me l’avaient dit, on ferait la fête wè pa wè. La secrétaire de Grasset m’a appelé il y a tout juste une heure pour m’inviter au cocktail à la maison d’édition, puis au dîner au restaurant Chez Lipp.

Je suis heureux pour mon ami Vieux Os, pour sa famille. Je suis fier pour Haïti. Ce prix décerné à un livre qui rend, entre autres, hommage à la peinture haïtienne vient prouver une fois de plus que la culture est le plus grand capital de ce pays à la dérive.

Jean Bernabé, linguiste et romancier martiniquais

Je viens d’apprendre l’attribution du prix Médicis à Dany. J’étais sûr que son immense talent serait reconnu de l’autre côté de la mer océane et, quoique je ne sois pas un maniaque des prix littéraires, je ne doutais pas que ce dernier livre aurait les justes faveurs du jury de ce prix prestigieux. Je n’ai pas encore lu L’Énigme du retour, mais j’ai suivi il y a une semaine la présentation de l’ouvrage à la télé. Dany avait pour la première fois, me semble-t-il, un air empreint d’une gravité que je ne lui avais jamais vue. Elle tranchait d’avec sa jovialité habituelle. Dany est un immense conteur. Il est l’un de ceux qui m’ont le plus fait rire et charmé par sa manière de raconter, par exemple, des blagues créoles. Je me souviens de celle sur Duvalier « aviateur ». Ce don extraordinaire pour le contact avec son public présent ou virtuel révélait déjà, en fait, une sensibilité très vive dissimulée sous le paravent d’un humour d’une grande finesse et que j’ai toujours considéré comme une des marques de son écriture. Une écriture sobre mais pas sèche, membrée mais pas contondante, pudique et pourtant osée ; d’un lyrisme retenu qui, à ce que j’ai compris, finit par se donner libre cours dans le dernier roman, avec une alternance de trame romanesque et de souffles césairiens. Sur le plan humain, j’ai toujours été frappé par sa gentillesse profonde toujours en veille derrière ses sorties d’une théâtralité maîtrisée et en même temps d’une spontanéité absolue. C’est un vrai maître de la parole, conscient de ses effets, mais sans nulle arrogance. Habile à ne pas s’enfermer dans les carcans idéologiques, pas même ceux d’une créolité de proclamation, mais qui porte en lui et sait exprimer l’âme du peuple haïtien dans sa polyphonie. Il respire l’intelligence et, sauf à attenter à sa modestie, il est pour moi une des représentations vivantes de l’Homme caribéen dans son devenir et dans ses accomplissements les plus réussies.

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Vendredi 8 Janvier 2010
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